L'Emeraude des Garamantes (souvenirs d’un Saharien)

Il ne faut pas se fier au titre. L’un des ouvrages les plus importants de Théodore Monod (exclusivement autobiographique), ne traite que très peu de l’Emeraude des Garamantes et de sa quête. Il semblerait même que ce joyau vert n’ait jamais eu de véritable existence.
Ici le monument Monod jongle avec les styles littéraires et passe du chameau aux casernes, de l’Europe à l’Afrique. Outre l’humour caustique dont il use parfois, la partie la plus réjouissante du récit réside dans la narration de ce qu’il appelle ses « navigations hauturières » dans le désert.
Exemple du 11 décembre 1954 au 27 janvier 1955, où il se lance dans un périple de 1 730 kilomètres, entre Ouadan, Araouan, El Mrayer et El Ghallaouya (Sahara mauritanien). Plus que la description humoristique de ses petits désagréments plantaires, Monod trahit la performance d’un tel voyage.
Avec deux compagnons et cinq chameaux, chaque être humain dut se restreindre à n’absorber que 720 cm3 de liquide au quotidien (soit trois-quarts de litres), 1 200 environ (un peu plus d’un litre) les bons jours.
Entre réflexions sur la société et ses vanités (« les choses de ce monde passent »), envolées religieuses, hommage à deux « martyrs » du désert (Alexander Gordon Laing et George Glas) et poèmes, l’auteur effectue quelques détours vers son enfance et l’époque du Jardin des plantes, à Paris.
Il clôt l’ouvrage en un chapitre-bilan sur ses engagements, la vieillesse qui l’assaille et les penseurs qui auront marqué sa vie : Teilhard de Chardin ou Louis Massignon.

Les plus de L’Emeraude des Garamantes

Un récit très vif. On ne s’ennuie pas une seconde. L’éclectisme du personnage le pousse à varier les plaisirs. Des profondeurs de l’âme aux blagues de régiment. D’un mot latin à un trait d’esprit. Quelques dessins, un brin surréalistes, agrémentent le tout.

Les moins de L’Emeraude des Garamantes

Aucun. Peut-être quelques cartes pour situer les « navigations » de Monod.

L’Emeraude des Garamantes (souvenirs d’un saharien) de Théodore Monod, L’Harmattan, 1984, 464 pages