Ecrits sur le sable (Tome 1)

Ce premier tome des Ecrits sur le sable rassemble trois grands récits d’Isabelle Eberhardt, dont la mort tragique dans la crue d’un oued à Aïn Sefra (Algérie) en 1904, à 27 ans, marqua fortement les esprits. Vagabondages, Retour au sud et Les Journaliers ont été rassemblés par Marie-Odile Delacour et Jean-René Huleu qui dévoilent, en préambule, que « l’on peut penser qu’il n’y a pas de meilleure biographie d’Isabelle Eberhardt que son œuvre elle-même ». D’emblée le ton est donné. Même si les trois parties sont diverses, elles aident à mieux cerner cette personnalité complexe et souvent tourmentée.
L’action de Vagabondages se déroule presque exclusivement en Tunisie, à Tunis et dans le Sahel tunisien. Celle de Retour au sud (composé de Sud oranais 1re et 2e partie) se passe dans le sud algérien : plaine du Hodna, Aïn Sefra et dans l’actuel Maroc (vallée du Figuig)… Il s’agit plutôt d’un récit de vie dans ces contrées et au milieu de ses habitants.
On observe l’existence quotidienne, le sort des Kenadsa (esclaves noirs) ou encore la haine sourde qui règne entre Algériens et Marocains. Pour mieux se fondre dans cet environnement Isabelle Eberhardt revêtait souvent un costume masculin et se coulait dans son personnage.
Les journaliers revêtent un caractère plus intime. Les états d’âme et, parfois, le désespoir de l’auteur transparaissent. Tour à tour séparée de Slimène, sous-officier spahi dont elle est éprise, victime d’un attentat dans lequel elle est blessée, sans le sou, loin de l’Afrique qu’elle regrette… Elle traduit en paroles les affres de son existence dans une introspection douloureuse et, parfois, nombriliste.

Les plus d’Ecrits sur le sable

Des récits et témoignages, presque uniques, puisque les compilateurs ont couru les bibliothèques et les collections pour constituer l’ouvrage. Les écrits d’une femme en décalage avec son époque qui se déguisait en homme et revendiquait son indépendance.

Les moins d’Ecrits sur le sable

Pas mal de longueurs. L’auteur s’apitoie aussi un peu trop sur son sort : un être à fleur de peau, parfois malaisé à cerner. Une œuvre incontournable tout de même lorsque que l’on s’intéresse au désert.

Ecrits sur le sable (tome 1) d’Isabelle Eberhardt (préface d’Edmonde Charles-Roux, Grasset, 1988, 498 pages